Seulement un an et demi après le fabuleux We’re Here Because We’re Here s’apprête à débarquer Weather Systems, onzième album studio d’Anathema. Alors qu’il avait fallu attendre presque 10 ans pour trouver un successeur à A Natural Disaster, on ne peut donc que se réjouir des nouveaux penchants stakhanovistes des Liverpudliens.

Autant l’annoncer sans ménagement au risque de tuer le suspense : cet album est merveilleux. Encore plus que son prédécesseur, il ne plaira sans doute pas à ceux qui ne jurent que par Darren White et Serenades, mais risque très certainement d’enfoncer (bien profond) le clou chez tout ceux qui avaient crié au génie en écoutant des titres tels que « Dreaming Light », « Angels Walk Among Us » et « Everything ». Légèrement moins orienté rock que son prédécesseur, mais aussi plus homogène, Weather Systems enchante d’entrée avec « Untouchable Part 1 » et « 2 », deux titres connectés tant musicalement que thématiquement, et dont les harmonies vocales de Vincent Cavanagh et Lee Douglas donnent le frisson. Il convient au passage de souligner l’excellent travail du norvégien Christer Cederberg à la production, qui se hisse largement au niveau de Steven Wilson (qui avait mixé le précédent album).

A l’instar de We’re Here Because He’re Here, Weather Systems possède une atmosphère générale bien plus lumineuse que les précédents albums de la discographie d’Anathema. Vaporeux et raffinés, des titres tels que « The Gathering Of The Clouds », « Lightning Song » ou « Sunlight » (marquant le retour au chant de Danny Cavanagh) sont de véritables invitations au rêve et à la mélancolie, le tout sublimé par les guitares toujours aussi aériennes de Danny. De magnifiques orchestrations viennent donner encore plus d’emphase aux morceaux en appuyant leur crescendo final (une spécialité d’Anathema) et font de ce Weather Systems une sorte de parfaite union entre le rock atmosphérique de We’re Here Because We’re Here et la musique plus orchestrale de Falling Deeper (album de « remixes » avec orchestre d’anciens morceaux sorti en septembre 2011). Ainsi, un seul titre, « The Beginning And The End », présente une structure et des tonalités un peu plus « classiques » et heavy pouvant (un peu) inviter au secouage de crinière, sans pour autant rompre l’homogénéité de l’ensemble.

Certains passages plus électroniques (comme sur la première moitié de « The Storm Before The Calm ») ou rythmiques peuvent parfois rappeler la musique des néerlandais de The Gathering, mais il est plus que jamais ô combien difficile de comparer la musique d’Anathema à celle d’autres artistes. Oublié le « Get Off Get Out » et ses accents à la Porcupine Tree, le groupe nous livre ici un album personnel, inspiré et véritablement audacieux, dont la force principale est d’arriver à vous submerger d’émotions aussi intenses que variées 55 minutes durant (snif c’est trop court). Une œuvre magistrale que toute personne aimant la musique se doit de posséder.

10/10

(Album disponible le 16 avril 2012)

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